Des maisons bleu vif et ocre, une langue plus ancienne que l'arabe, et une communauté déplacée deux fois par des barrages.
Les villages nubiens de l'île Éléphantine et de la rive ouest d'Assouan constituent l'architecture domestique la plus photographiée d'Égypte : maisons peintes en cobalt, ocre, rose et vert, souvent coiffées de coupoles, avec un crocodile au-dessus de la porte.

Les Nubiens ne sont pas des Arabes, et leurs langues — le nobiin et le kenzi — sont sans parenté avec l'arabe et bien plus anciennes dans la région. La Nubie fut un royaume qui gouverna un temps l'Égypte entière, sous la XXVᵉ dynastie, et la relation entre les deux fut longue et pas toujours paisible.
La tradition picturale est plus récente qu'il n'y paraît, et s'est développée après les déplacements. Les terres nubiennes du bord du Nil furent noyées deux fois au XXᵉ siècle, d'abord par le barrage d'Assouan puis, bien plus largement, par le haut barrage, qui submergea le foyer d'environ 100 000 personnes et les relogea dans des villages construits. La couleur est, pour partie, une affirmation d'identité dans des lieux que nul n'avait choisis.


Demandez avant de photographier les personnes, achetez quelque chose si l'on vous reçoit, et attendez-vous à des questions sur votre propre famille en retour.
Les visites comprennent en général un thé chez l'habitant et, souvent, un crocodile dans un bassin — jadis gardien du foyer. Demandez avant de photographier les personnes, achetez quelque chose si l'on vous reçoit, et attendez-vous à des questions sur votre propre famille en retour.

