Quatre jours, une seule valise défaite, et les monuments viennent à vous. Le rythme, sans enjolivement.
L'itinéraire ne varie presque jamais : Louxor-Assouan ou l'inverse, trois ou quatre nuits, avec Esna, Edfou et Kôm Ombo entre les deux. Ce qui varie, c'est le bateau, et l'écart entre un bon et un bon marché est considérable.

Le rythme, ce sont des matins tôt et des après-midi lents. Les temples se visitent à sept ou huit heures pour devancer la chaleur, le bateau navigue en milieu de journée, et les après-midi vous appartiennent sur le pont soleil à regarder défiler la rive — palmeraies, buffles, enfants qui hèlent le bateau, briqueteries, et le désert toujours à quelques centaines de mètres derrière le vert.
Edfou est le temple le mieux conservé d'Égypte, à peu près intact, toiture comprise, et se rejoint en calèche depuis le quai. Kôm Ombo est unique par son dédoublement — tout y est en double, une moitié pour Sobek le dieu crocodile, l'autre pour Horus — et domine directement le fleuve.


Kôm Ombo est unique par son dédoublement — tout y est en double, une moitié pour Sobek le dieu crocodile, l'autre pour Horus — et domine directement le fleuve.
Deux remarques honnêtes : les arrêts commerciaux sont incessants et peuvent se refuser, et les bateaux s'amarrent côte à côte aux quais chargés, si bien qu'on traverse parfois les halls de trois autres navires pour rejoindre la terre. Rien de tout cela ne gâche l'affaire. C'est la navigation elle-même dont vous vous souviendrez.

