Quatre Ramsès de vingt mètres, un alignement solaire deux fois l'an, et l'ensemble découpé puis remonté 65 mètres plus haut.
Ramsès II fit tailler Abou Simbel à même une falaise de grès vers 1264 av. J.-C., à la limite sud de son territoire, face à la Nubie. Le message n'était pas subtil : quatre colosses de lui-même assis, hauts d'une vingtaine de mètres, visibles de quiconque arrivait du sud.

À l'intérieur, la grande salle s'enfonce de soixante mètres dans la roche. Deux fois par an — fin février et fin octobre — le soleil levant la parcourt sur toute sa longueur et éclaire trois des quatre dieux du sanctuaire le plus reculé. Ptah, dieu du monde souterrain, reste dans l'ombre. Nul ne peut aujourd'hui prouver si ce fut voulu ou découvert.
Le plus extraordinaire est moderne. Lors de la construction du haut barrage, dans les années 1960, le site devait être englouti par le lac Nasser. De 1964 à 1968, l'ensemble fut scié en plus de mille blocs, certains de trente tonnes, hissé de 65 mètres et reculé de 200, puis remonté à l'intérieur d'une colline artificielle. Les joints se voient quand on les cherche.


De 1964 à 1968, l'ensemble fut scié en plus de mille blocs, certains de trente tonnes, hissé de 65 mètres et reculé de 200, puis remonté à l'intérieur d'une colline artificielle.
Côté pratique : le site est à environ trois heures de route au sud d'Assouan ; les excursions partent donc très tôt ou voyagent de nuit. Entrez : l'extérieur est l'image célèbre, mais la salle peinte qui se trouve derrière est la raison du déplacement.

